L’après Bayrou, c’est maintenant !

par Karim Ben Cheikh

7 septembre 2025

Table des matières

Le 8 septembre, l’Assemblée nationale se prononcera sur un vote de confiance au gouvernement de François Bayrou. En choisissant délibérément de faire ses annonces budgétaires juste après la fin de la session parlementaire, puis d’exiger la confiance sous forme d’ultimatum dès le 8 septembre lors d’une session extraordinaire, le Premier ministre bafoue le rythme parlementaire et ses exigences démocratiques. La méthode consistant à anesthésier le débat en le circonscrivant dans un mode binaire « moi ou le chaos » ne trompera personne.

Cette dramatisation à outrance ne peut masquer la responsabilité de M. Bayrou, de la majorité à laquelle il appartient, et du président Emmanuel Macron dans la situation qu’ils dénoncent aujourd’hui. Rappelons les faits : ils dirigent ce pays depuis huit ans. La situation budgétaire catastrophique qu’ils découvrent soudain, la gauche républicaine l’a dénoncée depuis longtemps, rappelant qu’un budget comprend certes une partie dépenses, mais également – et c’est fondamental – une partie recettes. C’est la clé de la justice fiscale que la gauche républicaine réclame depuis 3 ans maintenant au Parlement et que les gouvernements successifs refusent à coup de 49.3.

Oui, le déficit public est un sujet sérieux. Mais l’austérité et les coupes dans les services publics ne sont pas la seule voie. D’autres solutions existent et permettent une plus grande justice fiscale, que ce soit une taxe sur les très hauts patrimoines ou une conditionnalité des aides aux grandes entreprises. Ces propositions, la gauche et l’écologie les ont portées. Les gouvernements successifs y sont restés fermés.

Dans ce contexte, les appels au dialogue et au compromis résonnent dans le vide. Le mépris affiché envers tous les corps intermédiaires – opposition parlementaire, partis politiques, syndicats, médias, associations, intellectuels – révèle un pouvoir qui a perdu tout sens du dialogue démocratique. A l’instar de la fin de non recevoir opposée aux deux millions de signataires de la pétition appelant au retrait de la loi Duplomb en juillet dernier. Comment croire aux appels à la responsabilité de ceux qui ont systématiquement ignoré les alertes et les propositions alternatives ?

Le pouvoir macroniste ne peut éviter ce constat cruel: aucun bidouillage de casting, aucune dissolution ne résoudront la crise politique née d’une élection présidentielle calamiteuse en 2022, menée sans débat véritable, sans mandat populaire clair, et qui a débouché sur l’absence de majorité parlementaire en faveur de son projet. Ce jeu dangereux avec nos institutions ne sauvera pas le bilan désastreux du macronisme, devenu, par son intransigeance, un poids mort pour notre démocratie.

C’est pourquoi nous n’avons d’autre choix que de refuser la confiance à ce gouvernement, tout en continuant de défendre avec détermination nos propositions alternatives. Les différentes formations de la gauche républicaine ont d’ailleurs commencé à présenter leurs options budgétaires : elles sont chiffrées, réalistes et dessinent un chemin d’espoir et de changement en vue de la prochaine élection présidentielle. De retour de la convention de Génération·s et de l’événement unitaire de Châteaudun, aux côtés de Debout ! et de l’Après, soutenus par des milliers de militants engagés, je reste plus que jamais convaincu de l’urgence de notre tâche commune : « Rassembler pour gagner ».

Le 8 septembre, notre vote sera clair : non à la méthode Bayrou, non à la politique du fait accompli, oui à l’alternative de gauche que notre pays attend.

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