Refusons l’abandon de la mission de solidarité de la CFE

par Karim Ben Cheikh

15 mars 2025

Table des matières

Vous êtes nombreux à exprimer votre colère face à la suppression du tiers payant hospitalier pour les adhérents aux anciens contrats de la CFE. Derrière l’argument d’un équilibre budgétaire fragile, cette décision brutale, prise sans concertation, s’ajoute à la hausse généralisée des cotisations, y compris pour les plus modestes. Il nous est insupportable de voir reculer l’accès aux soins pour des milliers de Français de l’étranger.

La CFE a été conçue comme un filet de sécurité, un outil de solidarité et de justice sociale. Aujourd’hui, elle est abandonnée à une logique purement comptable qui menace son existence même. C’est pourquoi j’ai lancé un appel aux élus locaux, aux parlementaires et aux associations pour refuser cet abandon et défendre une couverture santé accessible et universelle pour les Français établis hors de France.

Déjà signé par des élus de plus de 50 pays dans le monde, cet appel est également soutenu par les représentants de l’Union des Français de l’étranger (UFE) et de Français du Monde (FDM), les deux grandes associations reconnues d’utilité publique. 
En voici le texte :

APPEL

“Refusons l’abandon programmé de la mission de solidarité de la CFE !”

L’inquiétude grandit quant à l’avenir de la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Alors que son rôle est essentiel pour garantir une couverture santé aux Français de l’étranger, l’Etat s’en désengage et met désormais en péril sa mission de service public. Cet hiver, le gouvernement a systématiquement repoussé toute évolution budgétaire sur la dotation d’une subvention d’équilibre de la CFE, préférant attendre les conclusions d’un rapport commandé en juillet 2024 à l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) et l’Inspection Générale des Finances (IGF). Pourtant, le Conseil d’administration de la CFE avait alerté : sans subvention d’équilibre compensant sa mission de solidarité, la caisse serait contrainte à des hausses des cotisations mettant en cause son accessibilité et sa raison d’être.

La CFE :  un modèle solidaire en danger

Aujourd’hui, le véritable objectif du gouvernement ne fait plus de doute. La lettre de mission par laquelle les ministres de la Santé et du Budget saisissent l’IGAS et l’IGF impose un cadre de réflexion étroit et leur demande d’évaluer des “pistes de réformes ne nécessitant pas de hausse de participation de l’Etat. Les termes de cette lettre de mission sont sans équivoque : réductions des aides aux plus vulnérables, flexibilisation des placements financiers, diminution des coûts de gestion. Le tout, sans consultation des Français de l’étranger, de leurs élus, ni même du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. En clair, il s’agit d’un prélude à un démantèlement programmé de la CFE.

La CFE est la seule à garantir une couverture maladie à tous les Français de l’étranger, sans exclusion d’âge ou de conditions médicales. Elle assure une tarification adaptée aux plus précaires via la “catégorie aidée”. Cette mission de solidarité, pilier du modèle social français, coûte environ 25 millions d’euros annuels, une somme tout à fait modeste au regard du budget de l’Etat. En France, la Sécurité sociale est financée à 50% par des prélèvements publics. La CFE, elle, ne reçoit que 380 000 euros de subvention annuelle, soit moins de 15 centimes d’euros par Français à l’étranger. La politique de solidarité qu’elle met en œuvre repose donc principalement sur les cotisants eux-mêmes. Jusqu’à quand ?

Il est urgent d’agir

Cette attaque contre la CFE s’inscrit dans une politique plus large de démantèlement des services publics et de privatisation rampante. Accepterons nous que la santé de nos compatriotes soit sacrifiée sur l’autel des économies budgétaires ?

J’en appelle à tous les élus, locaux et parlementaires, ainsi qu’aux responsables associatifs qui croient en une protection sociale universelle et solidaire à se mobiliser pour exiger du gouvernement un véritable débat, transparent et honnête sur l’avenir de la CFE.

Refusons un cadre biaisé et une expertise manipulée au service d’une politique non assumée. La CFE doit rester un pilier de notre modèle social et le gouvernement doit prendre ses responsabilités et financer à la hauteur de ses besoins une institution essentielle pour nos concitoyens à l’étranger.

Mobilisons-nous pour dire non à l’abandon de la CFE !

Ces idées, je les défendrai lors des « Assises de la protection sociale des Français de l’étranger » organisées du 10 mars au 10 octobre sous l’égide de l’Assemblée des Français de l’étranger.

Ensemble, mobilisons nous pour garantir un accès équitable aux soins pour tous les Français où qu’ils se trouvent !

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