Parlementaires membres du conseil d’administration, représentants des parents d’élèves, syndicats enseignants… nous étions tous contre. Mais notre opposition déterminée n’aura pas permis d’empêcher au Conseil d’administration de l’agence d’entériner hier, à 17 voix contre 17, des mesures qui actent une nouvelle hausse des écolages, tout en affaiblissant encore plus les capacités de l’agence à piloter ce réseau unique d’établissements à l’étranger.
Face à un budget en tension en raisons de baisses successives de la subvention, celle prévue pour 2026 étant même la plus basse depuis 2009, le gouvernement a décidé hier un transfert progressif d’une partie de ses charges aux établissements.
Ces orientations seront lourdes de conséquences. Elles ne manqueront pas d’entraîner une augmentation des frais de scolarité, alors même que le réseau a déjà connu près de 45% d’augmentation de frais de scolarité sur les dix dernières années. A terme, c’est tout le réseau qui s’en trouvera fragilisé. Plus encore ces mesures remettent en cause la capacité de l’État à piloter une véritable politique publique d’enseignement à l’étranger, celle qui fait notre spécificité, un réseau qui peut faire jouer solidarité et complémentarité au service d’une diplomatie d’influence.
Il s’agit là d’un choix politique car d’autres alternatives existent et la responsabilité du gouvernement et des parlementaires qui font le SAV de sa politique est grande.
Je continuerai à réclamer en janvier lors du débat budgétaire une subvention à la hauteur des défis du reseau. Je continuerai à défendre les investissements dans les EGD ( principale source de recettes de l’AEFE ), une politique de mixité sociale et un lien fort avec l’Education nationale, tout ce dont s’éloigne les orientations actuelles motivées par des considérations comptables.
Derrière l’étau comptable et financier actuel se cachent ceux qui veulent demain transformer l’enseignement français en vaste marché dérégulé sans pilotage public.
Il est urgent de débattre de l’avenir de l’AEFE et de redéfinir sa place dans notre politique éducative à l’étranger, au risque de voir se dégrader notre plus bel outil d’influence à l’étranger.
