Cette nuit, le volet « recettes » du budget 2026 a été rejeté par 404 voix contre et 1 voix pour. Ce rejet quasi unanime est inédit.
Pour ma part, je partage les convictions de mon groupe. Je ne pouvais adopter une copie budgétaire qui :
- consacre la casse de nos services publics, en France comme à l’étranger. Je pense évidemment à l’abandon de la CFE et à la baisse drastique du budget de l’AEFE ;
- refuse de faire contribuer les ultra-riches à leur juste part ;
- renonce à toute ambition écologique.
Les groupes de gauche et de l’écologie ont mis nombre de propositions dans le débat pour générer de nouvelles recettes et ne pas aggraver le déficit :
- mieux encadrer le crédit impôt recherche ou le pacte Dutreil, un dispositif fiscal qui exonère en partie la transmission des entreprises familiales
- sortir progressivement des politiques d’exonérations massives de cotisations
- introduire une plus grande équité fiscale en demandant aux ultra-riches de participer à l’effort de solidarité à leur juste part.
Mais au cours des 125 heures de débats, les groupes de la droite et du centre ont préféré s’appuyer sur le soutien de l’extrême droite pour ne pas avoir à corriger leur copie fiscale et réorienter leur politique de l’offre, rejetant ainsi les principales propositions de la gauche et de l’écologie sans même les discuter.
Avec le rejet de la partie « recettes », l’ensemble de la copie budgétaire du gouvernement est désormais envoyée au Sénat dans sa version initiale. L’assemblée devrait quant à elle de nouveau l’examiner, en deuxième lecture, à partir du 15 décembre.
